Sélection de dossiers

Cette page contient un échantillon de la richesse des archives coloniales de l’Afrique Équatoriale Française présentes à Brazzaville. Cette sélection a pour but de montrer que de nombreux chercheurs s’intéressant au Congo, Cameroun, Tchad ou Centrafrique ont tout intérêt à consulter des documents qui traitent à la fois d’histoire politique, économique, sociale, de l’éducation, de la médecine.

GG 41 Makoko (1933-1936)

Le Makoko de Mbé est le roi des Téké. En 1880, le Makoko Iloo 1er signe avec Savorgnan de Brazza le traité d’alliance de Mbé qui constitue le premier jalon de la présence française en Afrique équatoriale. Une cinquantaine d’années plus tard, dans les années 1930, l’administration coloniale de l’AEF suit avec attention le devenir de la monarchie Téké et de ses héritiers : la relation avec le Makoko incarne l’origine et le symbole de la colonisation française en Afrique centrale.
Ces archives permettent d’interroger le rapport de l’administration coloniale aux autorités pré-coloniales en Afrique centrale, ainsi que l’interaction (d’essence asymétrique) entre ces deux pouvoirs.

GG 139 De Gaulle a Brazzaville (1940-1942)

Les 26, 27 et 28 août 1940, l’AEF se rallie à la France libre au cours des « Trois Glorieuses ». Le Conseil de Défense de l’Empire, créé par le général de Gaulle, est installé à Brazzaville. La capitale de l’AEF devient la capitale française de la France libre de 1940 à 1942. Le général de Gaulle effectue trois principaux voyages à Brazzaville en octobre 1940, avril 1941 et septembre 1942.
Ces archives permettent d’aborder les premiers rapports entre le général de Gaulle et l’AEF, entre protocole colonial et perceptions africaines.

GG 141 Conference Brazzaville (1944)

Du 30 janvier au 8 février 1944, se tient la conférence de Brazzaville : le comité français de Libération nationale (CFLN) entend définir le rôle et le devenir de l’Empire. Plus que les décisions finales, c’est le discours inaugural prononcé par le général de Gaulle le 30 janvier 1944 qui domine la mémoire de cet événement.
La sélection proposée ici ne concerne pas directement la conférence, dont peu d’archives sont conservées à Brazzaville. En 1944 ont été réédités les premières déclarations organiques du général de Gaulle d’octobre et de novembre 1940. Ces archives permettent d’aborder et historiciser une étape de la construction du mythe de « l’homme de Brazzaville ».

GG 361 Tribunaux indigenes

Les archives des tribunaux indigènes sont une source fondamentale pour les chercheurs s’intéressant au système de maintien de l’ordre dans le monde colonial. Avec bien souvent très peu d’administrateurs, de troupes ou de forces de police, c’est par les tribunaux que se maintient et se met en scène le pouvoir du colonisateur.
Ces archives permettent aussi d’aborder certains événements comme la construction du chemin de fer Congo-Océan (CFCO) ou simplement sur la vie des personnes appelées à comparaitre, souvent des anonymes. Les témoignages fournis donnent donc des informations détaillées sur la société coloniale, informations qui ne sont souvent disponibles que par bribes à la lecture d’autres sources.

GG 373 Schweitzer (1930-1935)

Considéré comme un pionnier de l’action humanitaire, le docteur Albert Schweitzer bâtit de 1913 à 1965 un véritable village-hôpital à Lambaréné. Sa personnalité complexe l’inscrit dans la galerie des personnalités de l’Afrique coloniale. Ce qui est moins connu, c’est la méfiance qu’il suscite aux yeux des pouvoirs coloniaux. Originaire d’Alsace (alors rattachée à l’Allemagne), et quoique naturalisé français en 1918, l’administration coloniale le soupçonne de menées anti-françaises.
Le dossier de police proposé donne à voir ces deux dimensions du personnage : un manuscrit autographe de Schweitzer, et les rapports de renseignement rédigés à son égard. L’administration coloniale redoute dans les années 1920 et 1930 d’éventuelles menées allemandes depuis le Cameroun.


GG 404 Parant (1941)

En novembre 1940, le général de Gaulle réorganise au nom de la France libre l’administration coloniale de l’AEF : il nomme Félix Eboué gouverneur général, et le colonel Parant gouverneur du Gabon. Ce dernier meurt le 15 mars 1941 dans un accident d’avion. La disparition de ce fidèle gaulliste donne lieu à la première manifestation de politique mémorielle de la France libre en AEF : elle est personnellement orchestrée par Félix Eboué.
Ces archives donnent à voir une dimension de l’action de Félix Eboué, gouverneur général de l’AEF, au carrefour entre politique et mémoire au service de la France libre en Afrique.

GG 442 Vaccinations

La colonisation s’est faite, au dire de ses défenseurs, pour apporter la science sur le continent africain. La médecine coloniale en particulier représentait l’aspect humanitaire de cette « mission civilisatrice ». Évidemment, cette vision est aujourd’hui complètement dépassée mais elle a laissé une trace certaine dans les archives du colonisateur. L’AEF en général, et le Cameroun en particulier, ont été rendus célèbres pour les campagnes du docteur Eugène Jamot qui se consacre de 1916 à 1931 à la lutte contre la trypanosomiase.
Les campagnes de vaccination intéresseront donc les chercheurs en histoire médicale qui voudront explorer comment l’Afrique est devenue un laboratoire pour les Européens. Ceux qui voudront retracer l’histoire d’un discours humanitaire proprement africain pourront aussi étudier les priorités des différents gouvernements coloniaux.

GG 454 Camp des Prisonniers (1940-1942)

La seconde guerre mondiale s’est aussi déroulée en Afrique et pendant deux ans, Brazzaville a été la capitale de la France Libre. Les archives de Brazzaville contiennent des documents relatifs à la capture de prisonniers pendant ce conflit. Les relations entre le général Leclerc, commandant supérieur des troupes de l’Afrique française libre, et à la Croix-Rouge, chargée de visiter les camps de prisonniers suivant la convention de Genève, fournissent aussi des détails sur leurs conditions de détention.

GG 494 Carte de la premiere guerre mondiale

Les archives coloniales contiennent toujours des cartes et celles de Brazzaville ne font pas exception. En tant qu’expression du pouvoir ou d’une certaine façon de représenter le monde, elles sont l’instrument par excellence de la domination coloniale. La carte disponible ici a été spécialement créée pour l’exposition coloniale internationale de 1931 et vise à représenter tous les théâtres d’opération de l’Afrique centrale pendant la Première Guerre mondiale, lorsque l’AEF était en guerre contre le Cameroun allemand (campagne de 1916 conclue par la prise de Yaoundé). Au lendemain de la guerre, fort de cette victoire, la France élargit ses frontières en Afrique équatoriale en obtenant le mandat de la Société des Nations (SDN) sur l’essentiel du territoire du Cameroun.

GG 535 Prospection petrole (1932-1934)

Les premières recherches pétrolières commencent au Gabon, en 1928, à l’instigation du gouverneur général Antonetti. En 1931, est créée la Mission de prospection des pétroles d’AEF (MPPAEF), dont Jacques-Olivier Haas prend la direction en 1932. La MPPAEF donne naissance en 1934 au syndicat d’études et de recherches pétrolières (SERP), qui devient, en 1949, à la société des pétroles d’AEF (SPAEF), qui fusionnera finalement dans le groupe Elf.
Le dossier présenté ici réunit les études et rapports adressées par Haas au gouverneur général de l’AEF, entre 1931 et 1932, dans le cadre de la première opération de prospection pétrolière menée au Congo. L’une des pièces maîtresses est la cartographie de la région de Pointe-Noire en 1932 par le lieutenant Archimbaud, officier topographe de la MPPAEF.
Ces archives invitent à appréhender, sous différentes facettes, l’émergence d’une nouvelle histoire économique de l’Afrique centrale au XXe siècle avec l’avènement du pétrole.

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